Cependant, le MRAP s'interroge fortement sur les intentions réelles du gouvernement après les déclarations du Secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui a envisagé l'interdiction des listes Dieudonné pour les élections européennes.
En effet, pourquoi dans ce cas n'avoir jamais interdit d'autres listes, notamment celles du Front National, dont des dirigeants, en particulier Jean-Marie Le Pen, ont été condamnés pour antisémitisme ou négationisme à plusieurs reprises. Pourquoi ces candidats n'ont-ils jamais reçus pareilles critiques et demandes. Il en est de même pour d'autres listes qui ont distillé d'autres formes de racisme, par exemple Philippe de Villiers, dont les propos islamophobes ne sont plus à démontrer.
Comment croire qu'il puisse s'agir de la part du gouvernement, d'intentions nobles, à savoir le refus de l'antisémitisme, quand dans le même temps il reçoit Avidgor Liebermann, ministre des affaires étrangères israélien, qui prône des positions ultra nationalistes, fascistes et racistes à l'encontre des palestiniens.
Le MRAP exprime les plus fortes réserves quant à l’intention annoncée par M. Claude Guéant. Le fait qu’un porte-parole de l’exécutif, ancien haut-fonctionnaire, fasse de telles annonces avant même d’avoir étudié sérieusement la possibilité juridique d’une telle action montre que le but recherché était plus de détourner le débat européen sur la cas « Dieudonné » que de lutter efficacement contre le racisme.
Le MRAP estime en la circonstance que la responsabilité des organisations antiracistes est engagée. Pour sa part, il sera d'une vigilance extrême sur l'ensemble des contenus, discours, et professions de foi de toutes les listes et se réservera le droit d'ester en justice en cas de dérive raciste de quelque nature qu'elle soit et d'où qu'elle vienne.
Paris, 6 mai 2009.
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