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Des injures, des dégradations, et plus graves, des violences contre les personnes sont régulièrement qualifiées par la presse et certains responsables politiques de racistes "anti-français" ou "anti-blancs". Les mêmes personnes, qui sont souvent très discrètes lorsque les victimes sont autres, accusent le MRAP de rien faire dans ce cas.


Des incidents récents, liés aux matchs de sélection pour la coupe du monde de football, ont relancé ces accusations.


Le MRAP rappelle qu'il lutte contre le racisme sous toutes ses formes, quels qu'en soient les auteurs et quelles qu'en soient les victimes. Toutes les discriminations et violences fondées sur la "race", l'ethnie, la nation, la culture, la religion sont condamnables, d'où qu'elles viennent. Toutes les victimes ont droit à l'aide du MRAP.


Depuis de nombreuses années, le MRAP lutte contre le racisme dans le sport, dans les stades et à l'extérieur. Il a apporté son soutien aux luttes contre l'homophobie dans le sport.
Quelle légitimité dans la critique du MRAP peuvent bien avoir celles et ceux qui détournent le regard du noyautage de clubs de supporters par des nazillons, des affrontements violents entre supporters de différents clubs français, des injures racistes dans les stades, des déclarations racistes, homophobes ou machistes de responsables sportifs ?..


Le MRAP rappelle que le sport-spectacle est devenu l'enjeu d'intérêts financiers énormes et qu’il est souvent instrumentalisé par les pouvoirs politiques. La lutte contre le racisme dans le sport, comme celle contre le dopage ou la triche, doit prendre en compte ces éléments.


Si des supporters d'une équipe ont commis des dégradations et ont été jugés, il faut aussi faire la lumière sur les accusations de racisme de la part de la police envers des supporters qui manifestaient pacifiquement leur joie. Si ces faits sont avérés et restent impunis, il ne s'agit pas de "délits non élucidés" parmi d'autres, mais d'un dysfonctionnement grave des institutions de la République.


Dans un Etat de droit, il est légitime de pouvoir contester une politique publique qui instrumentalise l'identité nationale, la Nation ou la République aux fins de stigmatisation d'une fraction de la population. C’est dans ce contexte qu’il est indispensable de replacer un certain nombre de manifestations de révolte contre les symboles d'un État (drapeaux, hymnes, etc..) qui traduisent une contestation de la politique de cet État beaucoup plus qu'une forme de racisme contre tout ou partie de ses nationaux.


La réponse à y apporter se doit évidemment d’être différente. Dans le premier cas, il doit y avoir débat sur les causes, justifiées ou non, de cette contestation et la réponse politique à y apporter. Dans le second, c'est une forme de racisme qui doit être combattue au même titre que les autres.


Le MRAP condamne fermement toute exploitation raciste et xénophobe de tels incidents. Il rappelle que le débat sur "l'identité nationale" loin d'y mettre fin, ne fera qu'accroître les tensions au sein de la société française et il rappelle son exigence de construction d'un projet citoyen rassembleur, dans le respect de l’égalité de tous les citoyens.


Paris, le 11 décembre 2009.

Tag(s) : #Racisme anti-blanc