Islamophobie

Mardi 25 avril 2006
PARIS, 25 avr 2006 (AFP) - Le Mrap a condamné mardi "avec la plus grande fermeté" la parution du livre "Menaces islamistes sur Roissy" de Philippe de Villiers.
   Il qualifie l'ouvrage de "véritable brûlot délirant et raciste" qui "participe et prolonge la croisade violente et haineuse du président du MPF".
   "Construit sur la base des manipulations éhontées de notes des Renseignements généraux, de données délirantes, de mensonges sans aucun fondement, l'intention de l'auteur vise délibérément à l'entretien de l'amalgame entre population de banlieue, islam, terrorisme, intégrisme et violence", écrit le Mrap dans un communiqué.
   Pour le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), "ce livre participe à la stratégie de haine et de violence visant les populations musulmanes de France présentées comme l'ennemi de la République".
   "A cet effet, cette méthode nous rappelle des pratiques des années sombres de l'histoire de France, à savoir l'utilisation de méthodes manipulatrices afin de faire porter un soupçon malsain sur tout une population présentée comme un danger", poursuit le Mrap.
   "Cette mise en scène de Villiers n'est pas sans rappeler les années  sombres de l'affaire Dreyfus, où était développée la théorie du complot  selon laquelle le juif infiltrait l'armée. Villiers vient de franchir le
 même cap en développant la théorie du complot selon laquelle le musulman  infiltre les bastions stratégiques de la France pour mieux l'envahir et la  détruire", conclut le texte.

Par Comité nancéien du MRAP
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Mercredi 14 juin 2006
Tout comme Finkielkraut il y a quelques mois, c’est la presse israélienne que le maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) Xavier Lemoine a choisie pour y déverser son racisme le plus abject, passible de sanctions pénales.

L’auteur de l’interview pour Haaretz (http://www.haaretz.com/hasen/spages/725064.html, Daniel Ben Simon, a tendu un micro des plus complaisants à Lemoine. Mais Ben Simon s’est courageusement abstenu d’indiquer à ses lecteurs que Lemoine doit lui-même sa carrière au politicien local Pierre Bernard, un nostalgique du régime de Vichy, condamné à plusieurs reprises pour discrimination raciale (ce qui n’a évidemment pas empêché, bien au contraire, Sarkozy de remettre récemment les insignes de la Légion d’Honneur à ce même Pierre Bernard).

Mais lisons maintenant les propos de Lemoine, rassemblés sous le titre évocateur « C’est eux ou nous ! », par le complaisant Daniel Ben Simon.

« Ecoutez », déclare Lemoine en montrant, de la fenêtre de son bureau, le quartier des immigrés, « ce sera eux ou nous. S’ils gagnent, on est morts. Moi je suis catholique, français et fier de l’être, et je n’ai pas l’intention de vivre comme un dhimmi (un non-musulman bénéficiant d’un statut protecteur dans les pays musulmans, note de Daniel Ben Simon) dans mon propre pays ».

« On n’est pas comme eux, et ces gens ne représentent pas la France. On est plongé dans une guerre islamique qui se déroule dans le monde entier, en Iran, en Irak, au Pakistan et en Afghanistan. Tout ce qui se passe là-bas a des répercussions ici en France, et cela influence les immigrés ».

« Cela se passait deux mois après le 11 septembre. Il y avait eu un concours de dessins dans les maternelles et les écoles primaires. J’ai été sidéré de voir que 20% des enfants, tous musulmans, avaient peint Oussama Ben Laden en héros. Cette découverte me donne encore la chair de poule ».

Selon Daniel Ben Simon, Xavier Lemoine fait un cauchemar récurrent, dans lequel les immigrés s’échappent de leurs habitations, et viennent mettre le feu à la ville !

Xavier Lemoine considère aussi que « les Juifs sont nos alliés dans cette lutte », écrit encore Daniel Ben Simon, avant de redonner la parole, en direct, à ce politicien d’extrême-droite pour lequel il éprouve manifestement de l’admiration :

« Cela me fait mal de penser que mon pays a honte de sa culture et de ses valeurs. Quand la France renie sa propre histoire et passe son temps à s’excuser de l’esclavage, de ses conquêtes et du colonialisme, faut-il s’étonner que les immigrés relèvent la tête, qu’ils s’en prennent à la France, et qu’ils ne la respectent pas ? Malheureusement, la France ne leur a pas demandé de changer. Elle les autorise à parler arabe, et à cultiver leur héritage, aux dépens de la culture française »

La construction d’une mosquée devrait bientôt commencer à Montfermeil, poursuit Ben Simon, qui semble s’émouvoir du fait que l’édifice religieux aura un minaret de 12 mètres, et que Lemoine a finalement renoncé à s’opposer au projet.

« Lemoine espère que les offices religieux et l’ouverture de ce lieu de culte permettant aux musulmans de se rassembler sera facteur d’apaisement des tensions. Mais il ne se fait pas d’illusions », écrit Ben Simon, avant de laisser le dernier mot au raciste de Montfermeil :

« C’est un combat entre deux cultures. C’est une guerre entre l’Islam et la culture occidentale. La France et l’Europe sont en danger. Si nous ne sommes pas capables de prendre la mesure de la menace musulmane, alors nous sommes en grand péril ».

Traduit et publié par CAPJPO-EuroPalestine

Par Comité nancéien du MRAP
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Vendredi 29 septembre 2006
Le Mrap condamne les menaces contre un prof aux propos "irresponsables"
  
   PARIS, 29 sept 2006 (AFP) - Le Mrap a condamné vendredi les menaces de mort contre un professeur qui a écrit une tribune anti-islam tout en s'élevant  contre les "déclarations irresponsables" de cet enseignant de philosophie.
   "La provocation génère l'inacceptable", estime le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) dans un communiqué de son secrétaire général Mouloud Aounit.
   Il "réclame d'une même voix la condamnation des propos provocants de M.  (Robert) Redeker, sa protection contre toute atteinte physique et le châtiment des auteurs de ces inadmissibles intimidations et menaces de mort".
   "C'est d'abord à ses propres limites que vient de se heurter M. Redeker", estime M. Aounit, "preuve s'il en était besoin que toute forme de violence en appelle hélas d'autres en retour, parfois plus extrémistes encore".
   "Dans un contexte marqué par un climat propice aux amalgames entre islam, terrorisme, intégrisme, violence, musulman, cette diatribe violente heurte non seulement les lois de la République mais contribue puissamment à renforcer les suspicions d'ennemi de l'intérieur et les amalgames du type
+musulman-fanatique-violent-terroriste+ visant chaque jour davantage les populations arabo-musulmanes en France et en Europe", insiste le communiqué.
   Le secrétaire général du Mrap souligne que le droit individuel à la liberté d'expression dont bénéficie M. Redeker "n'est pas sans limites", notamment celles des législations nationales, de l'Union européenne et les conventions internationales signées et ratifiées par la France, et que "tout contrevenant
à ces obligations devra rendre compte de ses paroles et de ses actes devant la justice".

Par Comité nancéien du MRAP
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Mardi 3 octobre 2006

DECLARATION DE MOULOUD AOUNIT

Robert Redecker : quant la provocation génère l’inacceptable


Le MRAP, mouvement laïc  et republicain, estime que dans toute démocratie la liberté d'expression est un droit fondamental qui ne peut souffrir d'aucune restriction si ce n'est celle posée par  la loi issue du vote majoritaire  de la représentation nationale. En tant que telle, la critique de toute philosophie ou religion – ce qui inclut l’islam - est légitime. Au même titre que les autres religions, ce dernier ne saurait s'exonérer de la critique de la raison sur des sujets aussi divers que la liberté religieuse ou l’apostasie,  la violence, l'égalité ontologique, sociale et politique homme femme, la polygamie, etc.

Dans le Figaro daté du 19 septembre 2006, Robert Redeker avait notamment osé déclarer : « haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran (...) Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine (...) Exaltation de la violence: chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. »

Si M. Redeker bénéficie d’un droit individuel de libre expression de ses opinions, qui constitue l’un des piliers de la démocratie européenne, à l’instar des positions défendues par l’union européenne et son observatoire des phénomènes racistes et xenophobe (EUMC) de Vienne en Autriche, ce droit n’est pas sans limites : précisément celles que lui imposent les législations nationales, les textes législatifs de l’UE et les conventions internationales signées et ratifiées par la France.
Tout contrevenant à ces obligations devra rendre compte de ses paroles et de ses actes devant la justice.

Dans un contexte marqué par un climat propice aux amalgames entre islam, terrorisme, intégrisme, violence, musulman, cette diatribe violente heurte non seulement les lois de la République mais contribue puissamment à renforcer les suspicions d’ennemi de l’intérieur et les amalgames du type « musulman-fanatique-violent-terroriste » visant chaque jour davantage les populations arabo-musulmanes en France et en Europe..

Suite à la parution de cette tribune, M. Redeker a fait l'objet de menaces de mort. Le MRAP les condamne avec autant de force et d’indignation qu’il a condamné les déclarations irresponsables d’un philosophe amateur de polémiques dont il croyait sans doute sortir à jamais indemne. C’est d’abord à ses propres limites que vient de se heurter Monsieur REDEKER.  Preuve, s’il en était besoin, que toute forme de violence en appelle hélas d’autres en retour, parfois plus extrémistes encore.

Le MRAP réclame d’une même voix la condamnation des propos provocants de M. REDEKER, sa protection contre toute atteinte physique et le châtiment des auteurs de ces inadmissibles intimidations et menaces de mort.


Paris, le 29 septembre 2006.

Par Comité nancéien du MRAP
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Dimanche 8 octobre 2006

http://www.temoignagechretien.fr/journal/article.php?num=3221&categ=Croire

Comment parler de l’islam ?   par Jérôme Anciberro

Les faits
Plusieurs affaires présentées dans les médias comme relevant de la remise en cause du droit à la libre expression et concernant l’islam ont récemment relancé un débat déjà largement ouvert lors de la publication des fameuses « caricatures » de Mohammed. Parmi ces dernières affaires : les protestations contre le discours du pape à Ratisbonne, les menaces reçues par Robert Redeker, après la publication d’un texte virulent sur l’islam, l’annulation au Deutsche Oper de Berlin d’une représentation d’un opéra de Mozart dont la mise en scène aurait pu choquer, ou encore la suppression de festivités traditionnelles commémorant la reconquête chrétienne de la péninsule Ibérique dans deux villages espagnols.

L’analyse
Un texte comme celui qu’a publié Robert Redeker dans Le Figaro (19 septembre) n’aurait pas dépareillé dans la presse d’extrême droite, ou, à la rigueur, dans la presse satirique, où il aurait pu être pris pour un exercice de style parodique. Mais il a été publié dans un grand quotidien de la presse internationale, qui, nonobstant un positionnement politique marqué, est censé faire partie de la presse de référence. En d’autres termes, l’injure islamophobe a droit de cité dans la presse sérieuse et a le statut d’une « opinion » comme une autre. Ce n’est évidemment pas le cas de l’injure antisémite et, dans une moindre mesure, antichrétienne. Imagine-t-on une seconde Le Figaro publier une tribune stigmatisant on ne sait quel trait dont on trouverait la trace dans la Tora ou dans le Talmud et qui en tirerait des conclusions sur la nature (fourbe ? cruelle ? vénale ?) des juifs et du judaïsme ? Le responsable des pages "Débats" du Figaro laisserait-il passer un texte qui expliquerait sans rire que les chrétiens sont invités au cannibalisme généralisé par le rite de l’eucharistie ? C’est pourtant bien ce que dit Robert Redeker lorsqu’il mentionne le rite musulman de la lapidation de Satan à La Mecque qui « inscrit la violence comme un devoir sacré au cœur du croyant ». On se permet donc parfois avec l’islam ce qu’on ne se permettrait pas avec les autres religions. Par peur, par ignorance, par paresse, par racisme, peu importe. Le fait est là. Il faut en être conscient. Et les musulmans le sont. Les défenseurs du « monde libre » ont donc beau jeu de réclamer des musulmans l’acceptation d’un débat critique, raisonnable et apaisé, quand eux-mêmes s’avèrent incapables de distinguer l’injure et l’argumentation dans leur propre discours. Cette différence de traitement peut d’ailleurs s’exprimer à l’envers et devenir tout aussi catastrophique. Lorsque les responsables du Deutsche Oper décident d’annuler les représentations d’Idoménée, l’opéra de jeunesse de Mozart, parce qu’un détail de mise en scène – on y voit les têtes tranchées de plusieurs personnalités symbolisant des religions (Poséidon, Bouddha, Jésus et… Mohammed) – pourrait troubler les musulmans (lesquels ?), ils affirment par là-même leur acceptation de ce traitement différencié d’une population implicitement considérée comme incapable de prendre de la distance vis-à-vis d’une œuvre d’art. C’est aussi permettre à ceux qui, parmi les musulmans, visent à imposer un islam conservateur et borné, de s’affirmer publiquement comme les seuls véritables représentants de la communauté musulmane. La question n’est donc pas de savoir s’il convient de pratiquer l’autocensure ou la censure tout court vis-à-vis de l’islam. La liberté d’expression ne se négocie pas et aucune pensée, pratique ou religion ne peut prétendre échapper à cette règle, sauf à remettre en cause le principe même de la démocratie. Le problème est ailleurs : il s’agit de savoir si l’on est encore capable, d’un côté comme de l’autre, de distinguer le statut et la valeur des paroles et des gestes qui sont aujourd’hui posés autour de la religion, et particulièrement de l’islam. Les menaces de mort reçues par Robert Redeker pour défendre « l’islam insulté » relèvent ainsi du droit commun et ne sauraient être considérées comme une « réponse » à quoi que ce soit, quand bien même leurs auteurs (mais qui sont-ils ?) le penseraient. Inversement, le texte de Robert Redeker ne participe pas le moins du monde au débat démocratique, même s’il a été publié dans les pages "Débats" du Figaro. Accorder, ou non, le statut qui convient à la multitude de paroles et de gestes qui, mondialisation aidant, se répercutent sur toute la planète, c’est précisément le rôle de certaines institutions médiatrices, en l’occurrence religieuses et médiatiques. C’est parfois ce qu’elles font.

Par Comité nancéien du MRAP
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