Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 septembre, le CICP a été cambriolé. Les portes des bureaux de plusieurs associations ont été fracturées, ordinateurs portables et caisses ont été dérobés. La nuit suivante, la devanture du MRAP a été aspergée d’essence. Lundi 20, l’appartement d’Omar Alsoumi, président de Génération Palestine, a été cambriolé à son tour. Au total, les préjudices financiers s’élèvent à plus de 10.000 €.


Le CICP est le siège de nombreuses associations de solidarité internationale et de défense des droits humains. Il héberge notamment les bureaux de l’AFPS, l’UJFP, la CCIPPP, Génération Palestine et de "BDS France". Le MRAP recueille les fonds pour la campagne "Un bateau pour Gaza" impulsée par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens", qui regroupe 40 associations et organisations syndicales et politiques. Ces trois évènements se sont produits en l’espace de 36 heures. Il nous est très difficile de croire à un concours de circonstances. En tout cas, nous prenons ces actes très au sérieux.


Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou définissait le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien comme une des trois "menaces stratégiques majeures" prioritaires pour son gouvernement. Ron Dermer, un de ses principaux conseillers, affirmait en juillet dans une interview au Jerusalem Post : "le gouvernement israélien va consacrer davantage de temps et de ressources humaines pour combattre ces ONG" (*)


Des groupes qui soutiennent le gouvernement extrémiste israélien multiplient actuellement les procès contre les militants de la campagne pacifique pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l’occupation et la colonisation israéliennes. Des voix, au sein du gouvernement français, se sont élevées pour traiter de "criminels" les appels à ces actions non-violentes de citoyens mobilisés pour la paix et le droit. Nous avons déjà dénoncé l’injustice de ces positions.


Aujourd’hui, nous l’affirmons avec force, les criminels ne sont plus seulement ceux qui violent les droits humains des Palestiniens. Ce sont aussi ceux qui voudraient, par l’intimidation et la menace, faire taire la société civile française mobilisée pour l’application du droit international.


Le gouvernement français doit clarifier sa position : contre la colonisation et les crimes de guerre israéliens et pour la défense de la démocratie et les droits des citoyens. Nous nous battrons pour le respect du droit à l’expression de notre solidarité. Nous demandons :


-  La fin de toutes les poursuites contre les militants déférés devant les tribunaux au titre de leur implication dans les campagnes de Boycott-Désinvestissement- Sanctions. ;
-  Des enquêtes et des peines sérieuses contre les auteurs de violences ciblant les organisations solidaires du peuple palestinien ;


Nos organisations soussignées mettront tout en œuvre, de façon concertée et collective, pour obtenir vérité et justice. Nous demandons un entretien au Ministre de l’Intérieur et au Ministre des Affaires étrangères pour qu’ils clarifient la position du gouvernement français.

Premiers signataires :AFPS, CCIPPP, CICP, Génération Palestine, MRAP, UJFP

 

* - Cf Pr. Tomas Keenan et Eyal Weizman, Israël et la troisième menace, le Monde Diplomatique, mai 2010.

Tag(s) : #Palestine