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En ce lundi 16 avril 2007, les noms des 76 000 Juifs déportés de France sont lus un à un au Mémorial de la Shoah pour que leur extermination, de même que celle de 6 millions de Juifs européens ne soit pas oubliée.

En ces temps d’extrême confusion idéologique il est bon de se souvenir que c’est au nom de théories pseudo scientifiques qui décrétaient que les Juifs étaient des sous hommes que le nazisme a mené à bien son entreprise d’extermination.

Nous assistons aujourd’hui, en France, en Europe et dans le monde, à une résurgence directe ou indirecte de telles théories criminelles et à la réhabilitation de personnages qui ont joué leur rôle dans la déportation et la mort de tant d’êtres humains. Aux yeux d’un R. Barre, le négationnisme ne serait qu’une opinion et Bruno Gollnish, un « homme bien » ; N. Sarkozy « croit » en l’existence de gènes criminogènes qui détermineraient les individus à être pédophiles ou suicidaires ; quant à Le Pen il persiste à affirmer l’inégalité des races humaines. Ces affirmations que la science a depuis belle lurette démontré être fausses, nous renvoient à l’époque pétainiste, héritière de Maurras et au racisme érigé en théorie d’État.
L’Europe n’est pas en reste : la Pologne publie par la voix d’un de ses eurodéputés une brochure antisémite sous le label du Parlement européen
; en Roumanie, le populiste Vadim Tudor s'est fait connaître en promettant de fusiller les Tsiganes dans les stades. Aux États-Unis, les théories  comportementalistes qui expliquent la criminalité et les comportements violents par des prédispositions génétiques connaissent le succès, malgré les mises en garde de tous les scientifiques sérieux. De telles théories conduisent à l’eugénisme de sinistre mémoire et à exonérer les États de tout traitement politique des problèmes sociaux.

L’histoire nous a appris où pouvaient mener ces théories ; et en cette journée de la Mémoire des victimes de la Shoah, il est bon, pour les honorer dignement, de ne jamais l’oublier et de se méfier des explications simplistes qui, pour séduisantes que leur logique puisse paraître, ne peuvent conduire qu’à des catastrophes.

Paris, le 16 avril 2007

 

Tag(s) : #Antisémitisme, #Mémoire seconde guerre mondiale