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PARIS, 7 mars 2007 (AFP) - L'intersyndicale de l'Insee a réaffirmé mercredi son refus d'introduire dans le travail statistique public des critères ethno-raciaux, avec le soutien affiché des principales organisations de défense des droits de l'Homme qui y voient une arme de discrimination.    "Si on met en place un référentiel ethno-racial, on arrivera au contraire de ce que l'on veut", c'est-à-dire combattre la discrimination, a déclaré la représentante de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CGT-FO, SUD et CGC) de l'Insee Julie Herviant, lors d'un point de presse en présence des hauts dirigeants de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), du Mrap et de SOS racisme dans les locaux de l'Institut National de la Statistique.

Pour le président de la LDH Jean-Pierre Dubois "il faut refuser tout fichier nominatif, toute référence raciale, car il n'y a pas de race", tandis que le président du Mrap Mouloud Aounit a dénoncé "l'hypocrisie" entourant cette exigence de certains politiques sous couvert de combattre la discrimination.    "En réalité, selon M. Aounit, il n'y a jamais eu de véritable politique d'Etat pour l'éradiquer".

Jean-François Amadieu de l'Observatoire des libertés, a réfuté l'idée qu'on ne puisse pas lutter contre la discrimination "avec les moyens actuels" à l'instar des statisticiens de l'Insee pour qui il est "tout à fait possible" d'identifier la population d'origine étrangère.

Les signataires d'une pétition récente contre les statistiques ethniques - dont SOS racisme, le Mrap, et des chercheurs - ont souligné qu'il existait déjà des enquêtes par tests "consacrées par la loi en 2005, qui permettent de mesurer la discrimination".

Julie Herviant a souligné l'importance pour l'intersyndicale de s'être prononcée sur cette question avant un rapport de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) sur le sujet attendu mi-mars.

La LDH a rappelé par la voix de M. Dubois que "tout ordre visant à mettre en place des statistiques racistes serait inconstitutionnel et donc les fonctionnaires peuvent refuser de le faire".

Selon une étude menée par l'Ined (Institut national d'études démographiques) publiée en juillet, si une très grande majorité de Français interrogés acceptent de répondre à des questions sur leurs origines, en revanche nombre d'entre eux -principalement des personnes d'ascendance maghrébine- sont hostiles à l'enregistrement de ces données sur fichiers.

Que ce soit pour l'attribution des logements, le chômage ou l'emploi, les plaintes sur la discrimination raciale, de nationalité ou religieuse sont nombreuses en France, amenant certains à demander des statistiques plus précises pour pouvoir mieux en prendre la mesure.

Ainsi le démographe Patrick Simon (Ined) et surtout le Conseil représentatif des associations noires (Cran) qui vient de publier une étude reprenant ces critères.

Ce qu'il faut éviter, dit Julie Herviant, c'est "d'officialiser par référentiel" des données qui pousseront les gens à "se classer les uns les autres avec ces seuls critères" ethno-raciaux.

Tag(s) : #Statistiques ethniques