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Déclaration


Après les élections israéliennes :


Les résultats des élections israéliennes du 10 février n’ont fait que confirmer les tendances qui s’étaient dessinées depuis un certain temps déjà.

Ils confirment le glissement à droite du corps électoral dont le Likoud avec ses 27 députés –alors qu’il n’en avait que 12 dans la Knesset sortante – est le principal bénéficiaire.

Ils confirment également le mouvement de fond dont tire parti la formation  « Israël Beteinou » d’Avigdor Lieberman qui en dix ans de progression électorale régulière – des élections municipales jusqu’à sa présence à la Knesset – a réussi avec son message ultranationaliste, raciste et xénophobe à étendre son audience au delà de la communauté russophone du départ jusqu’à devenir le troisième parti israélien avec 15 députés révélant que l’influence de ce parti n’est pas un élément conjoncturel mais structurel.

Enfin ils confirment la surreprésentation dans le choix des électeurs des questions de sécurité et des menaces réelles ou fantasmées et leur rôle fondamental qui a fait passer la crise économique et sociale au second plan des préoccupations de la population..


Cette évolution n’a fait qu’accentuer la défaite très sévère du parti travailliste qui en perdant 6 sièges ( 13 députés contre 19 précédemment ) poursuit une descente progressive amorcée depuis une quinzaine d'années déjà.

Victime du vote utile - l’explication n’est que très partielle. En effet les nombreux gouvernements que le parti travailliste a dirigés ou auxquels il a participé n’ont souvent amené que déception. Ses échecs, ses reniements, son incapacité à construire la paix ont poussé la partie pacifiste de son électorat vers le Meretz plus à gauche tandis que son absence de prise en compte des questions sociales en ont fait un parti centriste dont nombre de dirigeants avaient déjà rejoint le parti Kadima lors de sa création.

Et sur le terrain de la sécurité et de l’intransigeance, dans un domaine où la concurrence est rude, ce ne sont pas les démonstrations guerrières de son président Ehoud Barak, encore ministre de la défense en exercice, qui allaient pouvoir rivaliser en termes d’attractivité électorale avec les partis de droite ou d’extrême droite.

Ainsi la désaffection dont le parti travailliste a fait les frais relève avant tout de l’absence de message politique clair, particulièrement en ce qui concerne la construction de la paix avec les Palestiniens.


Si le parti Kadima, arrivé en tête devançant d’une voix le Likoud, a revendiqué la constitution du gouvernement , il n’en reste pas moins que Tzipi Livni sa présidente n’a pas forcément les alliés pour former une équipe gouvernementale alors que le Likoud de Benyamin Netanyahou avec les partis religieux extrémistes et l’extrême droite est plus à même d’y parvenir, même si Tzipi Livni a proposé à Benyamin Netanyahou de la rejoindre au gouvernement et a déclaré tout faire pour « qu’Israël reste un Etat juif et démocratique ».


Cependant un gouvernement essentiellement de droite formé par le Likoud et « Israël Beteinou »et le parti ultrareligieux Shass (11 députés) représenterait la pire des solutions. Otage d’ »Israël Beteinou » , la coalition serait porteuse d’une politique dangereuse tant au niveau national avec la stigmatisation agressive des Arabes israéliens qu’au niveau international.


Ainsi les tractations à venir pour construire une coalition gouvernementale à peu près stable vont revêtir une grande importance, néanmoins quels que soient les pronostics sur l’issue des négociations et la formation du gouvernement, une certitude s’impose, la situation internationale ne connaîtra pas d’amélioration notable quel que soit le gouvernement d’union.


Confirmés dans leur intransigeance, et alors même que certains veulent rendre irréversible la situation sur le terrain en Palestine, les partis pouvant prétendre à exercer le pouvoir – qui plus est dans une coalition, ce qui restreint les marges de manœuvre- ne manifesteront guère à l’évidence la volonté de réorienter vers une solution négociée dans le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien, une politique qui a montré ses limites avec la guerre impitoyable contre Gaza.


Sans nul doute est-il trop tôt pour mesurer l’influence de ces élections sur les négociations de cessez le feu qui se déroulent en Egypte, cependant ces résultats vont très certainement paralyser le processus de paix et affaiblir encore plus l’autorité du président Abbas qui comptait sur une reprise des négociations.

A l’inverse, même s’ils ont tout à craindre de la formation d’un gouvernement plus marqué par l’extrémisme, et d’opérations encore plus dures de l’armée israélienne, les responsables du Hamas ne manqueront pas de voir leur politique d’intransigeance validée.


Un gouvernement israélien par trop extrémiste et aventureux dans le règlement qu’il entend imposer à la question palestinienne aurait le tort de mettre les Etats Unis au pied du mur et d’obliger le président Obama à s’exposer davantage sur cette question –ce dont sans nul doute il se dispenserait.

Il en est de même de la situation avec l’Iran : alors que le président Obama semble vouloir éviter une confrontation directe, une politique israélienne entrant en contradiction avec cette nouvelle donne, représenterait un obstacle majeur à une amélioration des relations avec l’Iran voire un risque lourd de menaces pour la paix dans toute la région….

.Avec pour résultat de compromettre les relations qu’Israël entretient avec ses alliés et principalement les Etats Unis.


Inscrites dans un environnement politique qui se caractérise par une grande défiance et une volonté d’en découdre, ces menaces même si elles n’ont pas un caractère d’absolues certitudes méritent néanmoins une extrême attention.

En tout état de cause, le résultat du scrutin aura du mal à sortir le processus de paix de l’impasse dans laquelle il se trouve.



Pour le MRAP, les pressions sur Israël doivent redoubler. Attendre la formation du gouvernement et les premières mesures pour juger des intentions du futur gouvernement israélien, c’est vouloir s’illusionner et participer sans aucun doute à une démobilisation citoyenne dont profitera le gouvernement israélien quel qu’il soit.


Aujourd’hui comme hier , le MRAP rappelle que la sécurité d’Israël et de ses citoyens passe par la création d’ un Etat palestinien conforme aux résolutions de l’ONU.



Tag(s) : #Israël, #MRAP