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Le MRAP condamne sans appel la poursuite de l'offensive israélienne qui est particulièrement meurtrière et disproportionnée (le rapport entre le nombre des victimes israéliennes et palestiniennes étant de l'ordre de 1 à 100 au premier jour de l'offensive terrestre).
La sauvagerie des bombardements qui ont pris pour cible des écoles gérées par l'ONU et dont l'emplacement était connu des Israéliens - comme l'a souligné le secrétaire général de l'ONU - et qui ont fait plus de 40 morts, n'est qu'un élément parmi les plus révoltants de la violence de l'agression.
La décision israélienne de cesser les opérations trois heures par jour pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire répond plus aux besoins de calmer un effroi mondialement partagé et de restaurer une image médiatique désastreuse que de réellement s'engager sur la voie d'un arrêt rapide des combats. Et ce d'autant que, plus le temps passe, plus Israël peut mener à bien les buts qu'il s'est fixés. L'interdiction aux journalistes étrangers de se rendre dans la bande de Gaza laisse à craindre un carnage sans précédent qui heurterait la conscience universelle, preuve qu'Israël n'a l'intention de renoncer ni à ses
méthodes guerrières ni à ses buts politiques.
Aujourd'hui les initiatives en vue d'un cessez le feu et d'un règlement négocié, à l'initiative et avec l'appui de pays qui ont toujours refusé de prendre en compte les intérêts des Palestiniens, n'apparaissent que comme des tentatives détournées pour obtenir par la négociation ce qu'Israël tente d'imposer par les armes.
Le projet de construction d'un nouveau mur à la frontière de l'Egypte, qui isolerait totalement la bande de Gaza, répond directement aux exigences israéliennes et le déploiement des forces internationales pour en contrôler les passages est une proposition qui sert avant tout les seuls intérêts israéliens. Elle ne correspond en aucune façon aux exigences qui sont les nôtres du déploiement d'une force de protection du peuple palestinien de Gaza.
Ce qui serait mis en place n'est autre qu'un renforcement des murs entourant la prison à ciel ouvert qu'est Gaza et un contrôle accru des Palestiniens. Cela équivaudrait à désarmer et à rendre impossible toute résistance palestinienne, qu'elle soit religieuse ou laïque.
Nul doute que le plan actuellement à l'étude ne pourra régler les problèmes de fond, c'est à dire ceux liés à de véritables négociations avec l'ensemble des responsables élus palestiniens sans exclusive et portant sur la reconnaissance d'un Etat palestinien sur les frontières de 1967 et conforme aux résolutions internationales de l'ONU.
Si l'arrêt des tirs en provenance de la bande de Gaza est présentée officiellement comme la justification de l'intervention israélienne, d'autres facteurs ont pu jouer un rôle tout aussi déterminant ; outre des raisons électoralistes - les législatives israéliennes approchent - les raisons géostratégiques ne sont pas absentes : l'affaiblissement, voire la destruction de deux alliés supposés ou potentiels de l'Iran, le Hezbollah et le Hamas, pouvant en cas d'une éventuelle attaque contre l'Iran ouvrir des fronts de diversion ; ils peuvent également expliquer la volonté israélienne de réduire à néant Gaza.
Incapables d'assumer leurs responsabilités et préférant user d'expédients militaires, les gouvernements israéliens ont laissé la situation se dégrader alors même que 67% des Israéliens, il n'y a pas même un an, se disaient prêts à discuter avec le Hamas.
L'opportunité de la trêve de six mois unilatéralement décrétée par ce dernier n'a pas non plus été mise à profit par les Israéliens pour une possible avancée politique.
Si l'idéologie sioniste de fondation a perdu de sa vigueur, l'actuel nationalisme juif, xénophobe et raciste, qui a pris sa relève, est tout aussi préjudiciable à la paix. Et même si les gouvernements israéliens ont compris que la propre sécurité d'Israël reposait sur la coexistence de deux Etats indépendants, ils se montrent toujours incapables de se résoudre à faire les concessions nécessaires.
Après les élections dans les Territoires occupés, à la demande de la communauté internationale, et qui ont vu la victoire du Hamas, le boycott d'un gouvernement légitimé par des élections apparaît comme une erreur majeure. Aujourd'hui, aucun progrès véritable ne pourra se faire - de l'avis de nombreux spécialistes - sans réinsérer le Hamas dans le jeu diplomatique. Son boycott est une erreur que l'on paie car il n'aura fait que gagner politiquement en légitimité et sera devenu encore plus incontournable.
Alors que, dans le monde, la condamnation de l'offensive israélienne est unanime, les tentatives de porter préjudice aux mobilisations qui se développent doivent être mises en échec.
La volonté de nuire à l'image de la résistance palestinienne est évidente. L'accuser d'être soumise à l'Iran, la qualifier d'islamiste, c'est oublier volontairement que des organisations laïques comme le FPLP ou le FDLP combattent également à Gaza.
En France, si dans le contexte actuel la peur d'une recrudescence de l'antisémitisme et d'une importation du conflit moyen-oriental ne doit être ni exagérée ni instrumentalisée, le MRAP tient à réaffirmer qu'il dénoncera tout acte ou manifestation d'antisémitisme. Intolérables en eux-mêmes et marquant une erreur et une régression politique impardonnables, ils ne doivent trouver aucune place, et aucune justification ni excuse. Faut-il rappeler que les Juifs ne sont pas tous favorables à la politique d'Israël et que beaucoup de pro-Israéliens ne sont pas nécessairement juifs ?
Et les replis communautaires dont sont accusés les musulmans et les "jeunes de banlieue ", toujours stigmatisés en pareille occasion, touchent également la communauté juive qui veut montrer une unité qu'elle ne parvient pas à trouver sur la question du conflit israélo-palestinien.
Pour le MRAP, seules des mobilisations citoyennes toujours plus importantes pourront avoir raison des logiques de guerre et faire aboutir les exigences qui sont les nôtres. Aujourd'hui, le MRAP considère comme une urgence absolue la cessation de l'attaque israélienne. Le déploiement d'une force internationale de protection du peuple palestinien de la bande de Gaza reste une nécessité impérieuse, tout comme la définition stricte et impérative de son mandat qui, à l'exclusion de toute autre mission, doit permettre l'arrêt de l'offensive israélienne, la levée du blocus et le rétablissement complet de la circulation avec Gaza depuis Israël et l'Egypte.
Parce que seules de fortes pressions peuvent avoir un effet réel sur Israël, le MRAP rappelle son exigence de suspension des accords préférentiels signés avec Israël ainsi que l'arrêt/celle des collaborations économiques avec ce pays.
Parallèlement, au-delà des seules actions humanitaires, le MRAP demande à l'Union européenne de participer à la reconstruction de l'économie de Gaza et, de façon symbolique, d' affecter à ces opérations la totalité des fonds destinés aux actions de coopération avec Israël. Et parce que les mobilisations citoyennes restent, à ce jour, les seules façons de s'opposer à la politique israélienne, le MRAP également appelle à
participer au boycott des intérêts israéliens, en particulier ceux liés aux activités commerciales.
Enfin, parce que les crimes de guerre commis par les responsables israéliens ne doivent pas rester impunis, le MRAP se joint à toute initiative mise à l'étude visant à engager des procédures pénales à l'encontre des auteurs de ces actes.
A contrario, le MRAP transmet toute sa solidarité aux soldats israéliens qui refuseraient de participer aux crimes de guerre qui sont en train de se dérouler et soutient les trop rares associations qui, en Israël, les appellent à la désobéissance.

Paris, le 8 janvier 2009
Tag(s) : #Palestine, #Gaza, #MRAP