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COMPTE RENDU DE LA DELEGATION DU COLLECTIF RECU AU QUAI D'ORSAY


Ce vendredi 2 janvier, une délégation (1) du Collectif national pour une paix juste et durable entre

Palestiniens et Israéliens a été reçue au ministère des Affaires étrangères à Paris.


La délégation a tenu à exprimer son inquiétude et la colère des militant-e-s, comme de la grande majorité de la population française, face à la poursuite des bombardements israéliens contre la population civile palestinienne dans la bande de Gaza et la poursuite du blocus, que favorise l’impunité dont bénéficie Israël sur la scène internationale, notamment de la part de la France.


Les représentants du ministère, se fondant notamment sur les termes des propositions des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE réunis à Paris ce 30 décembre, ont tenté de nous assurer que la France faisait «tout son possible pour mettre un terme aux violences ». Nous attendons pour notre part non un affichage, mais des résultats concrets, car il y a urgence, et cela passe par la fermetéet non par la complaisance à l’égard des dirigeants israéliens.


La délégation, rappelant la chronologie de la rupture de la trêve (durcissement depuis des mois par Israël du siège imposé à toute la population de la bande de Gaza en violation des termes de l’accord sur la trêve ; assassinat de militants palestiniens dans la bande de Gaza le 4 novembre par Israël, véritable provocation au pire), a au contraire insisté pour que la France, notamment au sein de l’UE et du conseil de sécurité de l’Onu, prenne de véritables sanctions contre Israël jusqu’à ce que cessent les bombardements contre la population civile et le siège de la bande de Gaza. Ces bombardements comme ce siège constituent autant de crimes de guerre. Contrairement à ce qu’ont prétendu les représentants du ministère, le dénoncer ne constitue pas une prise de position politique : le droit international est censé s’imposer à tous les Etats, et la France est censée, comme tous les Etats, contribuer à son application. Les dirigeants israéliens devront être jugés devant un tribunal international.


La délégation a demandé aussi au ministre des Affaires étrangères et au président de la République de se rendre dans la bande de Gaza afin de se rendre compte de la réalité de la situation et de témoigner au peuple palestinien de la solidarité de la France.


La délégation a également exprimé son inquiétude et sa colère face à la décision du ministre français des Affaires étrangères, en décembre 2008, alors que la France présidait l’Union européenne, de répondre positivement à la demande israélienne de « rehaussement » des relations entre l’UE et Israël. Contrairement à ce qu’ont prétendu les représentants du ministère, il ne s’agit pas là de la seule mise en place d’un canal de dialogue sur les droits humains. Les relations entre l’UE et Israël n’ont pas besoin d’un « rehaussement » des relations économiques, commerciales, stratégiques… pour dialoguer. Cet engagement est au contraire un signe d’encouragement aux dirigeants israéliens pour continuer impunément leur politique, alors même que se poursuivaient et se poursuivent le blocus de la bande de Gaza, l’occupation, la colonisation en Cisjordanie et notamment à Jérusalem, la construction du réseau de murs illégal profondément en Cisjordanie, la confiscation des terres et des ressources d’eau palestiniennes, la mise en place de nouveaux barrages militaires, les arrestations de masse, les assassinats (« ciblés » ou non)… autant de mesures qui vident de tout contenu le prétendu « processus » de paix.


Exhortant la France au dialogue avec toutes les parties légitimes, et singulièrement avec le Hamas, la délégation a fait part de l’exigence des organisations du collectif national de sanctions contre Israël, en particulier de la suspension sans délai de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, jusqu’à ce que cet Etat respecte ses engagements, la quatrième convention de Genève et le droit international, à commencer par l’arrêt immédiat des bombardements et du blocus de Gaza. Il conviendra dès lors et le plus tôt possible de mettre en route un vrai processus de paix, fondé sur le droit international, avec un calendrier précis et des garanties d’application.

 

Paris,

Le 2 janvier 2009.

 

(1) composée des représentant-e-s des associations : GUPS, CCIPPP, AFPS, MRAP, ATMF, UJFP, AFD

 


Tag(s) : #Palestine