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http://www.mrap.fr/petitions/abdelajimi/

Abdelhakim AJIMI est mort à vingt-deux ans, le vendredi 9 mai 2008 vers 15h30 au centre ville de Grasse (06), énième victime des suites d'une intervention policière. Il a succombé à une interpellation brutale effectuée par des policiers de la BAC avec le soutien de policiers municipaux, devant au moins 16 témoins civils, une dizaine de policiers et plusieurs pompiers.

 

Le parquet de Grasse a annoncé l'ouverture, le 13 mai, d'une information judiciaire pour homicide involontaire. La police a procédé avec force et violence à son immobilisation au sol, le maintenant longuement par « une prise genre clé d'étranglement », reconnue par l'un des policiers en cause. L'autopsie  a d'ailleurs révélé « de possibles signes asphyxiques ». 

 

Cette technique d'interpellation, pourtant connue comme particulièrement dangereuse,  est interdite par certains pays et a valu à la France une condamnation de la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour le décès, le 20 novembre 1998 à Toulon, de Mohamed SAOUD dans de semblables circonstances.

 

Une fois de plus, de fortes interrogations s'expriment quant aux causes d'une violence policière disproportionnée à l'encontre d'un jeune homme seul et dépourvu de tout objet dangereux. Il est difficile de ne pas mettre en cause la perméabilité de certaines mentalités policières à la montée d'une véritable xénophobie d'Etat, distillée notamment au gré des campagnes électorales. Celle qui criminalise et désigne à la vindicte publique l'étranger ou le français, basané ou « issu de l'immigration », sans limite de générations.

 

Face à la forte émotion, à la douleur et à la révolte suscitées par cette mort tragique, il est urgent que toute la lumière soit faite sur les causes du décès intervenu lors de l'interpellation ou du transfert de Abdelhakim AJIMI au commissariat de police de Grasse. 

 

C'est pourquoi nous exigeons : 

 

- que la Vérité soit dite et que Justice soit rendue à la mémoire de Abdelhakim AJIMI,

- que la Police française cesse immédiatement d'appliquer une technique d'interpellation particulièrement dangereuse et déjà condamnée par la Cour européenne des Droits de l'Homme.

- Que les personnes mises en cause soient suspendues de leurs fonctions et que la justice puisse prononcer des sanctions proportionnelles aux faits reprochés afin que cesse le sentiment d'impunité qui banalise et encourage les violences appliquées à certaines populations.

 

La France le doit à la famille et aux proches de Hakim AJIMI. 

 

Paris, 26 juin 2008

Justice et Vérité pour Abdelhakim AJIMI
Tag(s) : #Police, #Justice