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Directive de la honte de l'Union Européenne: le MRAP solidaire des peuples d'Amérique Latine

 

Le MRAP se réjouit des réactions d'un certain nombre de  chefs d'Etat de pays d'Amérique Latine  après l'adoption le 18 juin  par l'UE de la «directive de la honte».

le Président bolivien Evo Moralès a été le premier à adresser une lettre ouverte aux Européens déclarant qu'il « ne pouvait accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos frères latino-américains»

Le Brésil, pays qui a reçu des millions d'immigrants et de descendants, notamment européens, aujourd'hui intégrés de manière harmonieuse, déplore une décision qui «contribue à créer une perception négative de l'immigration". "La question migratoire ne pourra être résolue de manière efficace que si elle est abordée en respect total des droits de l'Homme", souligne un communiqué officiel.

En Uruguay, dont plus de la moitié de la population est d'origine européenne, le Sénat a voté une motion rejetant un texte qui "constitue une violation des droits de l'Homme, notamment le droit à la libre circulation internationale".

Le président équatorien Rafael Correa a  prôné «un front commun pour protester contre la directive de la honte"». annonçant avoir pris des "contacts au niveau régional face à cette agression". Rappelons que le Président Corréa s'est rendu en juillet dernier en Belgique pour demander personnellement la libération d'une jeune Equatorienne de 13 ans détenue en centre de rétention.

Au Pérou, le chef de la diplomatie José Garcia Belaunde a dénoncé une loi "discriminatoire" qui ne "cadre pas avec la tradition européenne".

Au Venezuela, pays constitué d'un profond brassage multicontinental, le Président Hugo Chavez a menacé jeudi de ne plus fournir de pétrole aux pays européens qui appliqueraient la nouvelle loi de l'Union européenne sur l'expulsion des immigrés sans papiers. "Notre pétrole ne devrait pas aller vers ces pays européens....... De la même façon que les pays européens décideront de renvoyer des immigrants sans papier vers leur pays d'origine, les pays d'Amérique latine pourront de leur côté décider le retour des investissements européens", a  déclaré le chef de l'Etat vénézuélien, remettant ainsi en question l'unilatéralisme arrogant de l'Union européenne.

En Argentine, Hebe de Bonafini, présidente des «Mères de la Place de mai» a déclaré  "Les mesures discriminatoires que l'on veut prendre avec les immigrants de tous les pays dits du Tiers Monde, la prison et la déportation, sont des mesures sauvages".

Les Présidents de ces pays refusent que leurs ressortissants soient traités de cette façon inhumaine. Le MRAP partage leur indignation et leur colère. Cette réaction massive est une donnée nouvelle: des peuples et leurs dirigeants n'acceptent plus la vision dominatrice et méprisante de l'Occident et relèvent la tête pour réclamer un monde plus juste et plus solidaire.

Le MRAP ne peut que soutenir ces positions et  ces initiatives, en particulier celle du Président  bolivien Evo Morales Ayma  qui a appelé les pays africains et latino-américains à combattre la directive qui "porte atteinte à la vie et aux droits des personnes" et  «à mener une campagne internationale afin de retourner la situation».  Le président bolivien a annoncé que la première étape de cette campagne interviendrait à l'occasion du sommet du Mercosur, le marché commun sud-américain, prévu le 1er juillet à Tucuman en Argentine.  

Le MRAP appelle tous ceux et toutes celles qui en France et en Europe sont indignés par le vote du 18 juin à soutenir, dans ce combat, les peuples latino-américains.

Paris, le 23 juin 2008
Tag(s) : #Immigrés et étrangers, #Amériques, #MRAP