Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Motion présentée par le comité du MARSAN  du MRAP à l'unanimité des  présents

 

Garder le cap de la  lutte contre tous les racismes

 

Exposé des motifs :

 

Depuis le dernière assemblée générale, certains adhérents du MRAP ont fait de la question de l'existence ou non du racisme anti-blanc un débat prioritaire, multipliant déclarations et expressions internes et externes.

 

Comme si la France entière était focalisée, notamment ceux qui vivent racisme et discriminations  sur un paragraphe de quelques lignes  extrait du  texte d'orientation de la dernière assemblée générale du MRAP.

 

Un psychodrame qui repose sur une falsification

 

C'est l'ancienne direction du mouvement de 2008, et non la dernière assemblée générale nationale,  qui a introduit ce concept dans un rapport officiel  « Internet et les enjeux de la lutte contre le racisme » – 

Il était écrit :

«Racisme anti-blanc : il n'y a aucune raison pour que ce racisme n'existe pas »(chapitre 3.7)

 

Affirmation de bon sens qui ne s'opposait en rien au constat que le racisme de masse, structurel et systémique, n'affecte pas les blancs.

 

Cela n'avait alors éveillé aucune contestation ni aucune indignation.

 

Un leurre pour masquer le tri sélectif du racisme

 

De fait la focalisation contre le concept de racisme anti-blanc n'est qu'un leurre qui masque une autre projet antiraciste en rupture avec des décennies d'existence du MRAP.

 

La vraie fracture idéologique porte plus sur les arguments invoqués que sur le concept lui-même.

 

Quels sont les arguments avancés depuis plusieurs mois par certains adhérents du MRAP, notamment dans le texte qui nous a été diffusé le 5 décembre 2013 par 10 camarades minoritaires au sein du Conseil National ?.

 

- 1) le racisme ne peut être que systémique et structurel et inscrit dans des rapports de domination.

- 2) le racisme est une création du monde occidental et blanc avec le colonialisme et l'esclavagisme

- 3) le racisme qui n'émane pas des « dominants » (sous-entendu les blancs) n'est pas du racisme mais relève de  "comportements réactionnels".

 

Une réécriture  raciale de la lutte antiraciste.

Ou comment déqualifier des faits racistes pour les banaliser en faits divers !.

 

Dans la France d'aujourd'hui,  selon la logique  infernale de ces  trois postulats, seuls  les blancs assignés identitairement dans un héritage d'esclavagistes et de colonialistes peuvent être racistes.  Cela aboutit à «racialiser » les rapports sociaux car les citoyens  sont figés dans un  déterminisme post-colonial.

 

Dans une période où les thèses d'extrême-droite  font flores électoralement, ce bouleversement théorique au sein du MRAP  pourrait, s'il était retenu,  rendre un grand service au  Front National qui spécule sur la fragmentation raciale.

 

Mais admettons  un instant le postulat de nos camarades « le racisme n'existerait que  dans  un «système structurel et discriminant  basé sur des rapports de domination.

 

L'antisémitisme sort alors du champ du racisme

 

Selon la logique dominant-dominé, l'antisémitisme n'existerait  plus dans la société française.

En effet les juifs ne peuvent plus être victimes de racisme  puisqu'ils ne sont ni dominants ni dominés, et qu'ils ne subissent pas le système discriminatoire dans l'emploi,  le logement, les loisirs.

Les malheureuses victimes juives de Merah ne seraient alors plus les victimes d'une barbarie raciste, mais celles d'un fait divers certes tragique, mais non raciste, car leur assassin était un « dominé » de la société.

 

Quand le racisme devient fait divers !

 

Nos camarades, dans le texte communiqué sur nos listes le 5/12/2013, qualifiaient en effet les actes racistes commis par des « dominés » de simples « faits divers qu'il ne s'agit pas de nier, » écrivaient-ils , « mais qui ne relèvent pas du racisme » ... 

 

Ainsi en  2012, la descente  d 'une partie des habitants de la cité des créneaux à Marseille  sur un camp Rom voisin , n'est plus une manifestation raciste anti-rom, mais un simple « fait divers… qui ne relève pas du racisme ! » car les riverains étaient des dominés d'un quartier populaire.  

 

Une théorie créationniste du racisme

 

Et  l'homme blanc créa le racisme !.

Calquant leurs analyses sur les groupuscules comme celui  des indigènes de la république,  nos camarades font l'analyse que le racisme est le fruit d'un monde occidental et blanc  qui aurait créé  pêle-mêle le colonialisme, l'esclavage et donc le racisme.

 

Une négation de l'histoire !

 

L'histoire de l'humanité fourmille pourtant d'exemples de mises en esclavage, de soumissions de peuples,  d'accaparement des richesses de peuples soumis,  de pogroms, ceci sous toutes les latitudes  et dans toutes les civilisations.

 

Plus récemment le massacre des musulmans de Bosnie par le régime Serbe, les violences anti-chinoises en Indonésie, le  génocide du Rwanda, mais aussi l'apartheid subi par les palestiniens, les indiens mapuches  ou le peuple kurde,  procèdent d'un dénominateur commun : le racisme.

 

Rien n'est mieux partagé que la barbarie raciste, ce n'est pas une spécificité occidentale. 

 

Faire du racisme une spécificité blanche et occidentale relève de la théorie du choc des civilisations et d'une vision binaire du monde. Un axe du mal occidental et raciste se substituant à  l'axe du mal musulman théorisé par les néo-conservateurs américains.

 

A cette vision binaire du monde, le MRAP doit opposer son message antiraciste universel  contre un racisme tout aussi universel.

 

Un racisme avec circonstances atténuantes !

 

De fait, c'est la loi de 1972, elle-même qui est  alors remise en cause, puisqu'elle ne devrait plus sanctionner que les supposés  dominants coupables de racisme et exclure de son champ d'intervention les supposés dominés commettant les mêmes actes banalisés en comportements réactionnels.

 

Le filtrage dominant-dominé  conduit en effet nos camarades à  déqualifier  un acte raciste commis par un « dominé », en le qualifiant pudiquement de  « comportement réactionnel ». (texte collectif du 5 décembre 2013)

 

Citation : « La reprise de cette rhétorique de « racisme anti-Blancs » coloniale, « néocoloniale » et « post-coloniale »,  ne vise-t-elle pas, de manière implicite, principalement, les comportements réactionnels des filles et fils des jeunes « beurs » .

 

C'est là un copier-coller de la thèse défendue par le groupuscule « parti des indigènes de la république » qui racialise tous les enjeux de société et déclare «  Un Noir ou un Arabe qui dit « sale Blanc » exprime au pire un sentiment d’intolérance ou de haine en réaction aux humiliations qu’il subit, un Blanc qui dit « sale Noir » ou sale Arabe » exprime forcément un sentiment raciste.

 

On imagine alors les conséquences d'une telle réécriture du racisme s'il nous fallait, lors de nos interventions scolaires,  dire aux élèves qui sont face à nous, que parmi eux , pour une même injure raciste, la loi ne s'appliquerait pas de la même façon selon qu'ils sont descendants de l'immigration post-coloniale ou non.

 

Espérons que le corps enseignant fermera  alors ses portes à une telle réécriture « racialiste » de l'antiracisme.

 

 

Motion de la Fédération des Landes du MRAP

 

L'Assemblée générale du  MRAP du 21 juin 2014 :

 

- Affirme qu'il n'existe pas de racisme anti-blanc systémique et structurel reposant sur un système discriminatoire. Seules les populations post-coloniales, les antillais ou encore les Roms subissent les discriminations racistes de masse.

- Mais le MRAP récuse l'idée réductrice selon laquelle le racisme s'inscrit dans les seuls rapports de domination,

- Il rejette donc toute requalification d'un fait raciste en  simple fait divers « réactionnel » au motif que son auteur serait un dominé lui-même.

- La loi de 1972 si chère au MRAP, ne s'applique pas de façon sélective en fonction des origines de l'agresseur ou de sa victime ou de leur éventuel et contestable statut de dominant ou de dominé. Elle s'applique à tous et il est appartient à la justice d'adapter les sanctions dans le cadre de l'individualisation des peines.

-  Le MRAP rejette toute réécriture  et négation de l'histoire qui réduirait le racisme à une  spécificité occidentale. Le nécessaire travail de mémoire sur l'esclavage ou les ravages du colonialisme ne doit pas s'encombrer d'une telle « racialisation » de l'histoire qui ne servirait que nos adversaires d'extrême-droite.

 

-  Le MRAP appelle à une vigilance accrue contre tous les replis et assignations  identitaires raciaux.

 

-  Il réaffirme son attachement à la lutte contre toutes les manifestations de racisme.

 

 

Mont de Marsan, le 26 mai 2014

 

Motion présentée par le comité du MARSAN  du MRAP à l'unanimité des  présents

 

La lutte contre le racisme dans le combat global pour l'égalité des droits

 

Exposé des motifs

 

Les manifs dites « pour tous », les journées « retraits de l'école » les « jour de colère », les « assises sur l'islamisation », les agressions contre les musulmans et les populations arabo-musulmanes, l'offensive nouvelle des obscurantistes « pro-life »...

traduisent une offensive globale contre l'égalité des droits qui agrège aujourd'hui l'extrême-droite ,  la droite extrême,  les fondamentalistes  religieux, chrétiens, musulmans, évangélistes ou la mouvance riposte laïque.

 

L'alliance ultra-réactionnaire VITA de Christine Boutin, l'organisation « Présence et Spiritualité Musulmane » se sont retrouvées dans la même université d'été contre les droits des homosexuels et celui des femmes à disposer de leur corps.

 

Alain Soral, Dieudonné, Farida Belghoul agrègent une mouvance antisémite et homophobe qui fédère dans  la  haine de l'autre une partie de ceux qui subissent exclusion et discriminations. Ce phénomène est minoritaire mais sort de la marginalité.

 

Des gens qui furent des compagnons de route dans la lutte contre l'islamophobie et le racisme  se mobilisent contre les droits d'autres minorités.

 

C'est une mouvance disparate qui fédère ses antagonismes dans la stigmatisation de l'autre  en fonction de ses origines, son sexe ou son orientation sexuelle.

 

L'appel " nous ne nous reconnaissons pas"  a constitué  un sursaut citoyen salutaire en rappelant l'unicité de la lutte pour l'égalité des droits.

 

Il appartient au MRAP de s'inscrire dans ce combat global pour  l'égalité  des droits.

 

Motion :

 

Les délégués des comités du MRAP réunis en assemblée générale le 21 juin 2014 constatant le regain de haine  raciste, homophobe et sexiste réaffirment l'unicité du combat pour l'égalité des droits.

 

Le MRAP s'inscrit dans le message universaliste qui s'est exprimé dans l'appel « nous ne nous reconnaissons pas »

 

Les délégués affirment qu'il ne peut y avoir d'action antiraciste crédible si elle ne procède pas d'un combat global pour l'égalité des droits en fonction des origines, de la croyance ou non-croyance,  du sexe ou l'orientation sexuelle de chaque citoyen.

 

Le MRAP dont le champ d'intervention prioritaire est la lutte contre le racisme affirme sa solidarité avec  les luttes  contre l'homophobie et le sexisme qui procèdent de la même conception globale de l'égalité des droits.

Tag(s) : #MRAP