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Soirée-débat organisée par le CRDP

avec Daniel FRISONI,

IRTS de Lorraine

et Nathalie GUIGANTI,

coordonnatrice du Pôle Maîtrise de la Langue
mardi 19 novembre à 20h.15
Caméo Commanderie

 

Enfants-valises. Projection-débat le 19 novembre 2013 au Caméo Nancy

L.D.H. :
Enfants valises suit le parcours difficile, parfois chaotique, de jeunes migrants, fraîchement débarqués du Maghreb, d’Afrique noire ou des Comores, dans une classe d’accueil pour élèves non francophones.
Depuis la prise de contact avec le groupe, avec les enseignants, les exercices quotidiens pour se familiariser avec la langue et la culture, les périodes de stages en entreprises, jusqu’au choix d’une orientation professionnelle, une sortie pédagogique au théâtre et la fête de fin d’année, le film montre la vie de ces jeunes dans la classe ou dans les stages en entreprises, au plus près de leurs difficultés, de leurs tâtonnements, de leurs réussites et de leurs échecs. Il est aussi un hommage indirect aux enseignantes qui les prennent en charge et dont on mesure le dévouement, la capacité d’écoute, la volonté de surmonter les obstacles et les préjugés, qu’ils viennent des jeunes eux-mêmes, des familles ou des professionnels.
On connaît, dans les sections de la LDH, la situation de ces jeunes, dont certains sont venus rejoindre une famille, et dont beaucoup sont isolés : on sait que de telles classes d’accueil pour élèves non francophones sont peu nombreuses, que certains enfants n’ont même pas la chance d’y entrer, notamment les enfants roms, roumains et bulgares, ou tous les isolés qui sont dans l’errance, sans domiciliation, ou encore ceux qui ont dépassé l’âge fatidique de la scolarisation obligatoire (16 ans), et que l’Education nationale laisse le plus souvent livrés à eux-mêmes…
Mais l’intérêt du film de Xavier de Lausanne, loin de l’enquête sociologique ou du pamphlet, est d’avoir choisi une approche fondée sur le quotidien, d’esquisser, à travers une classe et son parcours sur une année, une série de portraits sensibles : ceux d’enfants du déracinement, imprégnés d’autres cultures, d’autres rythmes et façons de vivre, et confrontés brutalement à la nécessité d’apprendre une langue, de trouver de nouveaux repères dans une société différente, de s’initier à une activité professionnelle choisie de façon aléatoire, de tenter de se construire un avenir. Les « enfants valises » s’ouvrent peu à peu devant nous, avec leur lot de surprises, d’atouts et de handicaps…
Car le destin de ces jeunes est en train de se jouer au cours de cette année, dans la confrontation avec le réel.
On les voit aux prises avec les difficultés de tout apprentissage, avec les impératifs de la vie de groupe ou de la vie professionnelle, avec une nouvelle approche des relations hommes-femmes… On comprend que tous ne parviendront pas à s’arracher aux déterminismes sociaux qui pèsent sur eux : certains réussiront, d’autres choisiront « le mauvais chemin », comme le constate le cinéaste qui fait un point, en guise de conclusion, sur leur parcours quatre ans après.
Mais le film est un fervent plaidoyer pour ces classes spécifiques, pour le rôle émancipateur que s’efforce d’y jouer les enseignants qui y travaillent, et, en fin de compte, pour l’importance de l’éducation. On ne peut qu’adhérer à cette profession de foi, solidaire et humaniste.

Jean-Michel Delarbre,
membre du Comité central de la LDH

Tag(s) : #Nancy, #Immigrés et étrangers